C'est quoi les volumes 0, 1 et 2 d'une salle de bain ?
Trois zones découpées autour de la baignoire et de la douche, chacune avec son indice de protection et sa liste d'appareils autorisés.
Dans une salle de bain, la NF C 15-100 ne raisonne pas en centimètres depuis le sol mais en volumes : des zones dessinées dans l’espace autour du point d’eau. Plus vous êtes près de la baignoire ou du receveur, plus la règle se durcit. En dehors de ces volumes, la salle de bain redevient une pièce presque ordinaire, avec quelques obligations en plus.
Le volume 0, c’est l’intérieur même de la baignoire ou du receveur de douche. Seuls y sont admis des appareils en TBTS 12 V alternatif ou 30 V continu, avec un indice de protection IPX7 : immersion. Aucun socle, aucun interrupteur, aucune boîte de dérivation. Le volume 1 monte à la verticale au-dessus du volume 0 jusqu’à 2,25 m du fond du receveur ou du sol. On y admet le chauffe-eau instantané, le luminaire et le chauffe-eau accumulation vertical en IPX4 minimum, alimentés en TBTS 12 V ou protégés par un différentiel 30 mA.
Le volume 2 forme une bande de 0,60 m de large autour du volume 1, sur la même hauteur de 2,25 m. C’est le volume qui accueille le plus de matériel : luminaires IPX4 de classe II, chauffe-eau, radiateurs de classe II, sèche-serviettes, et la fameuse prise rasoir alimentée par un transformateur de séparation. Au-delà de cette bande de 60 cm, vous êtes hors volume.
mesurée depuis le sol fini ou le fond du receveur
la bande qui entoure le volume 1
résistance à l’immersion, en TBTS 12 V uniquement
protection contre les projections d’eau de toutes directions
Où placer une prise dans une salle de bain ?
Nulle part dans les volumes 0, 1 et 2, sauf la prise rasoir. Hors volume, la prise 16 A redevient possible.
C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse tient en une phrase : aucun socle 16 A dans les volumes 0, 1 et 2. Hors volume, c’est-à-dire au-delà de la bande de 60 cm qui entoure le volume 1, ou au-dessus de 2,25 m, vous pouvez poser des socles ordinaires, à 5 cm minimum du sol comme partout ailleurs, protégés par un différentiel 30 mA.
La seule exception dans le volume 2 est la prise rasoir : un socle alimenté par un transformateur de séparation intégré, limité à 20 à 50 VA, prévu pour un rasoir ou une brosse à dents et rien d’autre. On la reconnaît à son symbole et à son boîtier plus épais. L’article prise rasoir salle de bain précise les puissances admises.
Pour le miroir et le lavabo, la pratique courante consiste à poser le bloc de prises à côté du meuble vasque, à environ 1,10 m du sol, en s’assurant qu’il est bien hors du volume 2 de la douche. Mesurez au mètre depuis le bord du receveur : 60 cm, puis vous pouvez percer. L’article hauteur des prises et miroir en salle de bain reprend les cas de petites pièces où les 60 cm ne tiennent pas.
Survolez ou touchez un volume pour lire ce que la norme y autorise.
Quelle protection électrique pour une salle de bain ?
Différentiel 30 mA sur tous les circuits, et une liaison équipotentielle supplémentaire qui relie tout le métal de la pièce.
Tous les circuits qui desservent une salle de bain passent obligatoirement sous un dispositif différentiel à courant résiduel de 30 mA, sans exception : éclairage, prises hors volume, chauffe-eau, sèche-serviettes, VMC. C’est cette valeur de 30 mA qui coupe avant que le courant traversant un corps humain ne devienne mortel, et non le disjoncteur, qui ne voit qu’une surcharge. L’article pourquoi le disjoncteur différentiel sauve des vies explique le mécanisme.
La seconde obligation, souvent oubliée en rénovation, est la liaison équipotentielle supplémentaire. Elle relie entre eux tous les éléments conducteurs de la pièce et les met au même potentiel : canalisations d’eau chaude et froide, évacuations métalliques, corps de baignoire en fonte ou en acier, huisserie métallique, et les conducteurs de protection des circuits. Le conducteur est en 2,5 mm² sous conduit ou 4 mm² nu, vert-jaune, raccordé sur des colliers de terre serrés sur métal propre.
Cette liaison se pose avant le carrelage et se termine dans une boîte de dérivation accessible, souvent placée sous la baignoire derrière une trappe. Une baignoire acrylique posée sur un châssis métallique doit voir son châssis raccordé ; une baignoire acrylique sans partie métallique n’a rien à relier, mais les tuyaux qui l’alimentent, si. Le détail des règles est dans liaison équipotentielle NF C 15-100.
| Volume | Hauteur / largeur | Indice de protection | Ce qu’on y met |
|---|---|---|---|
| Volume 0 | intérieur du receveur ou de la baignoire | IPX7 | uniquement TBTS 12 V alternatif ou 30 V continu |
| Volume 1 | jusqu’à 2,25 m au-dessus du volume 0 | IPX4 | luminaire, chauffe-eau instantané, chauffe-eau accumulation vertical |
| Volume 2 | bande de 0,60 m, jusqu’à 2,25 m | IPX4 | luminaire classe II, chauffe-eau, sèche-serviettes, prise rasoir sur transformateur |
| Hors volume | au-delà de 0,60 m ou au-dessus de 2,25 m | IP ordinaire | socles 16 A, interrupteurs, tableau divisionnaire interdit dans la pièce |
Où installer un sèche-serviettes et un chauffe-eau ?
Le sèche-serviettes accepte le volume 2 en classe II ; le chauffe-eau a des règles selon qu'il est vertical ou horizontal.
Le sèche-serviettes est autorisé en volume 2 s’il est de classe II et IPX4 au minimum. Il se raccorde par une sortie de câble étanche, jamais par une prise, sur un circuit dédié en 1,5 mm² ou 2,5 mm² selon la puissance, protégé par un différentiel 30 mA. En volume 1, seul un appareil en TBTS ou spécifiquement prévu pour ce volume est admis. Les règles complètes sont dans norme sèche-serviette salle de bain et dans sèche-serviette volume 2.
Le chauffe-eau à accumulation vertical est admis dans le volume 1 et le volume 2. Le modèle horizontal, lui, n’est admis que dans le volume 2, parce que sa position rapproche les organes électriques de la zone de projection. Dans tous les cas, il est alimenté par un circuit spécialisé en 2,5 mm² sur 20 A et raccordé par une boîte étanche, avec un contacteur jour/nuit au tableau si vous êtes en heures creuses.
Le chauffage au sol ou le radiateur rayonnant se posent hors volume ou en volume 2 selon leur classe et leur indice. Un convecteur ordinaire de chambre, en IP20, n’a rien à faire dans une salle de bain, même à 80 cm de la douche : c’est l’indice qui décide, pas la distance seule.
Comment câbler une salle de bain, étape par étape ?
La liaison équipotentielle d'abord, le carrelage ensuite : dans l'autre sens, vous rouvrez le mur.
L’ordre des opérations compte plus ici que dans n’importe quelle autre pièce, parce que tout finit sous du carrelage ou derrière un tablier collé. Tracez les volumes au sol et sur les murs à la craie avant de percer quoi que ce soit : le volume 1 au-dessus du receveur, la bande de 60 cm du volume 2, la ligne des 2,25 m. Tout ce qui tombe dans ces zones doit être justifié par un indice de protection.
- 01Coupez et vérifiez
Disjoncteur de branchement ouvert, puis contrôle de l’absence de tension au VAT sur chaque conducteur. Une salle de bain en travaux reste humide : ne travaillez jamais sous tension.
- 02Tracez les trois volumes
Au sol et sur les murs. Volume 1 en aplomb du receveur jusqu’à 2,25 m, volume 2 en bande de 0,60 m tout autour, sur la même hauteur.
- 03Posez la liaison équipotentielle
Fil vert-jaune 2,5 mm² sous conduit ou 4 mm² nu, colliers serrés sur métal décapé : arrivées d’eau chaude et froide, évacuation, châssis de baignoire, huisserie métallique.
- 04Tirez les circuits
Éclairage en 1,5 mm², prises hors volume en 2,5 mm², chauffe-eau en 2,5 mm² sur 20 A, sèche-serviettes sur sa ligne. Tous sous différentiel 30 mA.
- 05Posez le matériel selon les volumes
IPX4 minimum en volumes 1 et 2, sorties de câble étanches, luminaires de classe II. Aucune boîte de dérivation dans les volumes 0 et 1.
- 06Testez avant le carrelage
Continuité de la liaison équipotentielle à l’ohmmètre entre chaque élément métallique et la barrette de terre, puis bouton test du différentiel.
- 07Carrelez, puis reprenez les étanchéités
Joint silicone autour de chaque plaque en volume 2, entrées de câble par le bas des boîtiers étanches pour que l’eau ne descende pas dans la gaine.
Une fois le carrelage posé, seul le matériel apparent reste modifiable. La liaison équipotentielle, elle, est enterrée pour vingt ans : c’est le point à vérifier deux fois. Le schéma complet d’une pièce d’eau est repris dans schéma électrique salle de bain.
Quel éclairage dans une salle de bain ?
Un point au plafond, un éclairage de miroir de classe II, et jamais d'IP20 dans les volumes.
Comme toutes les pièces, la salle de bain reçoit au moins un point d’éclairage au plafond commandé par un interrupteur placé entre 0,90 m et 1,30 m, à l’extérieur ou à l’intérieur de la pièce selon la configuration. Si l’interrupteur est à l’intérieur, il doit se trouver hors des volumes 0, 1 et 2 : concrètement, du côté de la porte, jamais à portée de main depuis la douche.
Le luminaire du plafond est en IPX4 de classe II dès qu’il tombe dans le volume 1 ou 2, ce qui est le cas au-dessus d’une douche dont le plafond est à moins de 2,25 m, situation courante sous rampant. Au-dessus, ou hors volume, un luminaire ordinaire suffit, mais la vapeur reste un ennemi : un IP44 ne coûte que quelques euros de plus et dure trois fois plus longtemps.
L’éclairage du miroir se pose hors volume 2 ou en classe II. Beaucoup d’applique-miroirs intègrent une prise rasoir : vérifiez qu’elle est bien alimentée par un transformateur de séparation et non repiquée directement sur le circuit. Les repères de flux et de température de couleur sont dans éclairage de salle de bain.
Les questions qui reviennent sur l'électricité de la salle de bain
Peut-on mettre une prise dans une salle de bain ?
Oui, hors des volumes 0, 1 et 2, à 5 cm minimum du sol et sous différentiel 30 mA. Dans le volume 2, seule la prise rasoir alimentée par un transformateur de séparation est admise.
Quelle est la hauteur des volumes 1 et 2 ?
2,25 m, mesurés depuis le sol fini ou depuis le fond du receveur s’il est surélevé. Au-dessus de cette cote, vous êtes hors volume.
La liaison équipotentielle supplémentaire est-elle obligatoire ?
Oui, dans toute salle d’eau. Elle relie canalisations, corps de baignoire métallique, huisseries métalliques et conducteurs de protection, en 2,5 mm² sous conduit ou 4 mm² nu.
Peut-on installer le tableau électrique dans la salle de bain ?
Non. Le tableau de répartition ne se place jamais dans une salle d’eau, ni dans les volumes ni hors volume de cette pièce. Il va dans la GTL, entrée, dégagement ou cellier.
Quel indice de protection pour un luminaire de douche ?
IPX4 minimum et classe II dans les volumes 1 et 2. Un luminaire IP20 de séjour n’est admis qu’hors volume, au-delà de 60 cm et de 2,25 m.
Contrôlez les volumes avant de carreler
2,25 m, 0,60 m, IPX4, 30 mA et la liaison équipotentielle : cinq points à vérifier au mètre.
Une salle de bain conforme, c’est trois volumes tracés au mètre, aucun socle 16 A dans les volumes, de l’IPX4 en 1 et 2, un différentiel 30 mA sur chaque circuit et une liaison équipotentielle continue. Vérifiez tout cela avant le carrelage. Pour la pièce voisine et ses six socles, voyez la norme dans la cuisine ; pour les sections de chaque circuit, la page section de câble.
