Câble 10 et 16 mm² : à quoi servent-ils dans un logement ?
Ce sont les conducteurs des liaisons : du disjoncteur de branchement au tableau, du tableau principal au tableau divisionnaire, et vers la borne de recharge éloignée.
Le 10 mm² et le 16 mm² ne desservent pas de prise ni de point lumineux. Ils relient des tableaux entre eux et alimentent les rares circuits à 40 A ou 63 A. La NF C 15-100 fixe le 10 mm² pour un calibre de 40 A et le 16 mm² pour 63 A. La liaison entre le disjoncteur de branchement et le tableau de répartition suit la même grille : 10 mm² jusqu’à 45 A, 16 mm² jusqu’à 60 A, 25 mm² pour un branchement de 90 A. Le cuivre nu fait 3,6 mm de diamètre en 10 mm² et 4,5 mm en 16 mm² : il se travaille à la pince, se coupe à la pince coupe-câble, et se termine par des cosses ou des embouts sertis.
Le prix devient un vrai poste. Le câble R2V 3G10 se vend entre 4 et 6 € le mètre, le 3G16 entre 6 et 9 €. Une liaison de 40 m vers un garage coûte 160 à 360 € de câble seul, avant le fourreau TPC, le grillage avertisseur et la tranchée. C’est une raison de calculer juste plutôt que de surdimensionner par réflexe. Le choix entre R2V et conducteurs H07V-R sous conduit est expliqué dans l’article quel type de câble choisir pour une installation domestique.
9 200 W disponibles à 230 V
14 490 W à 230 V, 43 kW en triphasé
63,5 m à 63 A en 16 mm²
85 cm sous un passage de véhicules, en fourreau TPC rouge
Quelle section pour un tableau divisionnaire, un garage ou une borne ?
Le calibre du disjoncteur de départ fixe la section, la longueur fixe ensuite le passage au 16 mm².
Le calibre du disjoncteur de départ dépend de ce que le tableau divisionnaire devra alimenter. Un garage avec éclairage, trois prises et un congélateur tient sur un 20 A en 2,5 mm² ou 4 mm² ; un atelier avec un chauffe-eau, une machine à bois et une borne de recharge réclame 40 A, donc du 10 mm² ; une borne seule reste en 6 mm² sur 32 A tant que le trajet ne dépasse pas 46,9 m. Un studio indépendant avec plaques, chauffe-eau et chauffage monte à 63 A en 16 mm². Chaque tableau divisionnaire reçoit son interrupteur différentiel 30 mA en tête, puis ses disjoncteurs divisionnaires, exactement comme le tableau principal. Le détail des sections courantes est sur la page section de câble.
| Usage | Calibre du départ | Section | Contenu du tableau divisionnaire | Longueur max à 5 % |
|---|---|---|---|---|
| Garage simple | 20 A | 2,5 ou 4 mm² | éclairage, 3 à 5 prises | 31 m en 2,5 mm², 50 m en 4 mm² |
| Garage avec chauffe-eau | 32 A | 6 mm² | éclairage, prises, chauffe-eau 20 A | 46,9 m |
| Atelier ou garage avec borne 7,4 kW | 40 A | 10 mm² | éclairage, prises, borne 32 A | 62,5 m |
| Studio indépendant | 63 A | 16 mm² | plaques 32 A, chauffe-eau, chauffage, prises | 63,5 m |
| Borne de recharge seule, 7,4 kW | 32 A | 6 mm² (10 mm² au-delà de 46,9 m) | 1 borne | 78 m en 10 mm² |
| Liaison disjoncteur de branchement → tableau | 45 A ou 60 A | 10 mm² ou 16 mm² | tout le logement | selon la puissance souscrite |
La liaison au tableau divisionnaire compte cinq conducteurs en triphasé ou trois en monophasé, terre comprise, et la terre garde la section des phases jusqu’à 16 mm². Enterrée, elle passe en câble U-1000 R2V dans un fourreau TPC rouge de 40 mm pour du 3G10, à 65 cm de profondeur, 85 cm sous une allée carrossable, avec un grillage avertisseur rouge posé 20 cm au-dessus. L’article alimentation électrique d’un garage non attenant détaille la tranchée et le raccordement.
Quelle longueur maximale pour un câble 10 ou 16 mm² ?
62,5 m à 40 A en 10 mm², 63,5 m à 63 A en 16 mm², 100 m à 40 A en 16 mm². Les calculs.
La chute de tension vaut ΔU = 2 × ρ × L × I / S, ρ = 0,023 Ω·mm²/m pour le cuivre, L la longueur simple, I le courant du disjoncteur de départ, S la section. La norme tolère 5 % en tout entre l’origine de l’installation et le dernier point d’utilisation, soit 11,5 V sur 230 V. Sur un tableau divisionnaire, cette chute se partage entre la liaison et les circuits en aval : si la liaison consomme 3 %, il ne reste que 2 % pour les circuits du garage. Visez 2 à 3 % sur la liaison, pas 5 %.
- Liaison 40 A en 10 mm² : L = 11,5 × 10 / (2 × 0,023 × 40) = 115 / 1,84 = 62,5 m à 5 %, 37,5 m à 3 %.
- Liaison 63 A en 16 mm² : L = 11,5 × 16 / (2 × 0,023 × 63) = 184 / 2,898 = 63,5 m à 5 %, 38 m à 3 %.
- Liaison 40 A en 16 mm² : L = 184 / 1,84 = 100 m à 5 %, 60 m à 3 %.
- Vérification d’un garage à 40 m sur 40 A en 10 mm² : ΔU = 2 × 0,023 × 40 × 40 / 10 = 7,4 V, soit 3,2 % : conforme, en laissant 1,8 % aux circuits du garage.
- Le même garage à 70 m : ΔU = 12,9 V en 10 mm², soit 5,6 %, interdit ; en 16 mm², 8,1 V, soit 3,5 %, conforme.
- Borne 32 A à 50 m : 12,3 V et 5,3 % en 6 mm², 7,4 V et 3,2 % en 10 mm².
Un cas fréquent : la liaison d’un garage se calcule avec le calibre de départ, mais le courant réel est souvent bien plus bas. Un 40 A qui n’alimente qu’une borne 32 A et deux prises verra 32 A au maximum ; la chute réelle sera 20 % plus faible. Le contrôleur, lui, raisonne avec le calibre. Gardez son raisonnement.
Votre liaison en 10 ou 16 mm² est-elle conforme ?
Le contrôleur regarde le calibre de départ, la section, le fourreau, la profondeur, et le différentiel du tableau divisionnaire.
Cinq points font passer une liaison vers un tableau divisionnaire. Le disjoncteur de départ dans le tableau principal, calibré pour la section : 40 A pour du 10 mm², 63 A pour du 16 mm². La section constante sur tout le trajet, terre comprise. Le câble R2V sous fourreau TPC si la liaison est enterrée, à 65 cm au moins, avec le grillage avertisseur. Un interrupteur différentiel 30 mA en tête du tableau divisionnaire, de type A si une borne de recharge ou un lave-linge s’y trouve. Et un repérage lisible : « tableau garage » sur le départ, « arrivée tableau principal » sur l’arrivée. Les protections à choisir sont détaillées dans l’article les différents types de disjoncteurs.
Un troisième cas : la liaison en 16 mm² sur un départ 40 A, parce que la longueur l’imposait. C’est conforme, et même recommandé quand le trajet dépasse 40 m. Ce qui ne l’est jamais, c’est l’inverse : un calibre plus fort que la section ne le permet, quelle que soit la distance.
Vérifier avec l'outil : 6, 10 ou 16 mm² pour votre liaison ?
Entrez le calibre du départ, la longueur de la tranchée et l'usage : l'outil rend la chute de tension et la section.
L’outil applique la formule de la chute de tension avec le seuil de 5 % et vous propose la section normalisée qui tient sur votre longueur : 6 mm² à 32 A jusqu’à 46,9 m, 10 mm² à 40 A jusqu’à 62,5 m, 16 mm² à 63 A jusqu’à 63,5 m, puis 25 mm² au-delà. Pour une liaison vers un tableau divisionnaire, entrez la longueur de la tranchée plus les remontées aux deux tableaux, et retenez une chute cible de 3 % plutôt que 5 % pour laisser de la marge aux circuits du garage. Pour une borne de recharge directe, entrez 32 A pour 7,4 kW et la longueur totale de gaine.
Le résultat vous donne la section de la terre, identique aux phases jusqu’à 16 mm², et le diamètre de fourreau conseillé : TPC de 40 mm pour du 3G10, de 63 mm pour du 5G16. Un fourreau trop juste rend le tirage impossible à 30 m ; prenez toujours la taille au-dessus.
Garage, borne de recharge, studio : trois liaisons chiffrées
Trois situations réelles, avec la section, le calibre, la longueur et ce qu'il faut acheter.
Chaque liaison se raisonne dans le même ordre : ce que le tableau divisionnaire alimente, donc le calibre de départ ; la section imposée par ce calibre ; la longueur réelle, qui fait éventuellement monter d’une section ; et la pose, enterrée ou apparente. Les trois cas ci-dessous couvrent l’essentiel des demandes. Pour une borne de recharge, l’article recharger sa voiture électrique chez soi compare la prise renforcée 16 A et la borne 32 A.
- Garage à 25 m avec éclairage, prises et congélateur
départ 20 A, 3G4 R2V sous TPC 40 mm, 3 % de chute ; un différentiel 30 mA type AC et trois disjoncteurs dans le coffret.
- Borne 7,4 kW dans un carport à 40 m
départ 40 A, 3G10 R2V sous TPC 40 mm, 3,2 % de chute ; différentiel 30 mA type A avec détection 6 mA continu, disjoncteur 32 A courbe C pour la borne.
- Studio indépendant à 30 m
départ 63 A, 3G16 R2V sous TPC 63 mm, 2,4 % de chute ; deux différentiels 30 mA (un type A pour plaques et lave-linge), plaques en 6 mm² sur 32 A, chauffe-eau en 2,5 mm² sur 20 A.
- Liaison compteur → tableau principal
10 mm² jusqu’à 45 A, 16 mm² jusqu’à 60 A, 25 mm² au-delà, en câble R2V ou en conducteurs H07V-R sous conduit, longueur généralement inférieure à 10 m.
- Le point commun des trois
le disjoncteur de départ est dans le tableau principal, jamais un simple sectionneur ; la terre du divisionnaire revient sur la barrette de terre principale, jamais sur un piquet séparé sans liaison.
Les questions qui reviennent sur les câbles 10 et 16 mm²
Quelle section pour alimenter un tableau divisionnaire de garage ?
10 mm² sur un départ 40 A dans la plupart des cas, 6 mm² sur 32 A si le garage n’a pas de borne de recharge, 16 mm² sur 63 A pour un studio complet ou au-delà de 62,5 m.
Quelle section pour une borne de recharge 7,4 kW ?
6 mm² sur 32 A jusqu’à 46,9 m de câble, 10 mm² au-delà et jusqu’à 78 m. Avec un différentiel 30 mA dédié, de type A à détection 6 mA continu ou de type B.
À quelle profondeur enterrer un câble 10 mm² ?
65 cm au minimum, 85 cm sous une allée où passent des véhicules, dans un fourreau TPC rouge, avec un grillage avertisseur rouge 20 cm au-dessus.
Le 16 mm² est-il obligatoire entre le compteur et le tableau ?
Pour un abonnement de 12 kVA en monophasé, le disjoncteur de branchement est réglé à 60 A et la liaison se fait en 16 mm². Pour 9 kVA et 45 A, le 10 mm² suffit. Pour 15 kVA et 75 A, ou 18 kVA et 90 A, passez en 25 mm².
Composez votre tableau ou faites contrôler l'existant
40 A et 10 mm², 63 A et 16 mm², 65 cm de tranchée, un différentiel en tête : la liaison tient en quatre chiffres.
Le 10 mm² et le 16 mm² relient les tableaux, alimentent les garages et les bornes éloignées. Le calibre fixe la section, la longueur la fait monter. Composez votre tableau principal et ses divisionnaires avec l’outil, puis passez le tout au contrôle avant le Consuel.
